Je me demande sur quoi se fondent ces phrases que nous avons fait nôtres, auxquelles nous croyons dur comme fer. Je me demande si les questions peuvent rivaliser avec ces phrases.
Généralement, il faut se méfier des phrases qui débutent par « généralement ». S’en méfier vraiment. Et me vient l’envie de dresser une liste de ce dont nous ferions mieux de nous méfier. Mais je m’arrête à temps - Patrick Bruel caracole en tête de tant de listes depuis tant de temps, inutile d’en rajouter.
J’aimerais qu’ensemble, nous trouvions une façon de nommer un autre point de Godwin. Le point de Godwin, c’est ce moment où dans un débat, un des interlocuteurs sort la carte du nazisme, d’Hitler ou de la Shoah. « La loi de Godwin repose sur l’hypothèse selon laquelle une discussion qui dure peut amener à remplacer des arguments par des analogies extrêmes. L'exemple le plus courant consiste à comparer le thème de la discussion avec une opinion nazie ou à traiter son interlocuteur de nazi. » Je trouve qu’il existe un autre point dans les discussions : celui où l’échange prend une tournure tellement généraliste qu’il (nous fait mourir d’ennui) perd, à mon sens, tout son intérêt. De quoi parlons-nous dès lors ? Je n’en ai plus la moindre idée. Echangeons-nous d’ailleurs ? Pas sûr. Il y en un qui parle et un(e) autre qui écoute mais ça ne ressemble en rien à une conversation. Ce n’est même pas un ping-pong. C’est un lâcher de ballons dégonflés qui tombent au sol. On ne se dit rien. Des mots bavent de nos bouches.
L’angoisse.
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