Je me demande comment réduire cet espace entre les temps. Comment les concentrer pour qu’ils ne soient plus qu’un. Un présent indépassable.
J’aimerais vous dire ma chance et vous demander où vous trouvez la vôtre. Dans des marches silencieuses, dans des collectifs bruyants, sur la piste de danse, dans votre cuisine, où ?
Je me demande si la lose ne serait pas la meilleure des histoires.
Je me demande à quoi ressemblerait notre monde si nous étions capables d’apparaître face aux autres sans jugement et sans peur, dans l’écoute et la reconnaissance.
Parce qu'écrire, c'est questionner, c'est écouter, c'est choisir, angler, ordonner.
Ce soir, je pense à la puissance des phrases jamais prononcées, des phrases attendues. Je pense à ces phrases inexistantes qui n’ont pas franchi les lèvres.
Est-ce que je peux laisser les larmes monter à mes yeux face à cette personne que je rencontre pour la première fois ?
Qui est bien placé pour conseiller ? Où est le lieu où se trouve ce siège d’où on est légitime pour conseiller ?
Il faut bien se tenir parce que la beauté bouscule parfois plus qu’on ne peut l’imaginer.
En écoutant Hugo et Anne-Marie, en projetant que leurs vies n’ont rien à voir, me vient l’envie de questionner mes jalousies. Faire la liste de mes envies serait sans doute une démarche plus saine, et je crois n’être pas foncièrement une personne jalouse. Pourtant, c’est bien la jalousie qui vient me tisonner.
De nouveaux chapitres s’ouvrent. Chaque jour, finalement, il y a sans doute une oxymore à incarner : être d’une solide souplesse.
Je garde le souvenir d’une décision si intimement puissante, pas déraisonnable, pas insensée, mais vive, vivante, vibrante, au point que les « oui mais » des autres ricochaient sur nous, sans jamais nous faire chanceler.
Je me demande si quelque chose qui n’est jamais renouvelé peut rester juste.