Kessel

Elle a dit : « C’est une logique de progression. »

L’idée qu’il y aurait du positif en tout m’est parfaitement étrangère, comme une langue inconnue, au même titre qu’il pourrait y avoir soi-disant des émotions négatives et des émotions positives.

Retour au récit
2 min ⋅ 17/05/2026

Nous avons 43 et 45 ans. L’âge n’a peut-être pas toujours tant que ça à voir avec la jeunesse ou la vieillesse. Mais enfin, toutes les deux, nous convenons que nous n’avons plus tout à fait l’énergie de nos 30 ans. Je n’y vois pas un constat passif ou désabusé. Nous ne nous sentons pas à ce point dépassées par la vie, mais enfin, face aux injonctions des réseaux sociaux, par exemple, on ne va pas se cacher derrière notre petit doigt, elle comme moi nous sentons des dinosaures. Évidemment que des personnes de plus de 43 et 45 ans peuvent être parfaitement au fait de ce sujet. Pas nous. Pas nous parce que nous n’éprouvons, ni l’une ni l’autre, l’envie de nous y mettre pour de vrai.

Nous explorons quelques minutes. Serions-nous de vieilles femmes aigries qui refusent de souscrire au progrès ? Serions-nous effrayées par la nouveauté ? Avons-nous honte ? La flemme ? Je confesse avoir envie de vivre dans un monde où nous n’aurions pas besoin de nous mettre en scène sur un quelconque réseau. Même sans parler de mise en scène, un monde où nous ne serions pas invitées, pour rester visibles, pour vendre, pour rencontrer, à animer un quelconque réseau. Je me questionne : je vois le monde aux couleurs du récit. Pour moi, vivre consiste à être présente tout en ayant en tâche de fond dans ma tête, le récit futur qui s’active. Les réseaux sociaux ne sont-ils pas un immense espace de mises en récit ? Un endroit où je pourrais me bauger avec plaisir ?

Et elle a dit : « Ce qui me dérange, c’est que sur les réseaux sociaux, tout est présenté selon une logique de progression. » Ce qu’elle observe, c’est que ce qui est partagé sur les réseaux sociaux, même les épreuves, les coulisses peu glorieuses, le sont pour raconter un chemin qui va vers du mieux, inévitablement. Ça a été dur mais on s’en est sorti. C’est difficile mais dans l’adversité, je comprends et je m’améliore. Je deviens peu à peu cette fameuse meilleure version de moi-même. Son analyse me subjugue.

...

Retour au récit

Par Aurélie Jeannin

Les récits que nous faisons de nous sont très puissants. Certains nous ligotent, nous limitent. D’autres nous portent de façon grandiose et libérée. Je m’appelle Aurélie Jeannin. J’accompagne par le récit, sous des formes diverses.

Les derniers articles publiés

Il a dit : « Tous les jours, j’envoie un message à mes enfants pour leur dire que je les aime et leur souhaiter une bonne journée. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  21/06/2026 3 min

Je me demande pourquoi on veut nous faire croire qu’il existe des solutions à tout, pour tout, rapides et sans efforts.

Elle a dit : « La vie, ce n’est pas une ligne tracée toute droite. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  14/06/2026 1 min

Je me demande si dans la ligne toute droite, il ne faut pas voir autre chose que ça : un mouvement qui s’élance. Une rampe.

Il a dit : « Tu ».

par Aurélie Jeannin   ⋅  07/06/2026 2 min

Je me suis demandé : suis-je raide ?

Il a dit : « Non merci. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  31/05/2026 1 min

Comment aide-t-on ? Est-ce nécessairement en donnant ?

Il a dit : « Généralement, les vrais artistes sont de mauvais commerciaux. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  24/05/2026 1 min

Je me demande sur quoi se fondent ces phrases que nous avons fait nôtres, auxquelles nous croyons dur comme fer. Je me demande si les questions peuvent rivaliser avec ces phrases.

Elle a dit : « On en est toutes là. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  10/05/2026 3 min

Je me demande où nous en sommes, nous toutes ? Quand ma fille me dit qu’elle trouve ses cuisses trop grosses, je me demande où nous en sommes, nous toutes ? Quand je regarde des photos et que je me souviens à quel point je me sentais déjà trop grosse, trop ceci, trop cela, alors que c’était il y a 2, 5, 10 ou 15 kilos déjà.

Il a dit : « Il y a assurément un autre monde, mais il est dans celui-ci. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  03/05/2026 2 min

Je me demande combien de territoires nous abritons. Combien nous sommes, quelles formes nous avons. Je me demande comment nous faisons pour être et vivre ensemble, surface contre surface, alors que tant de densités dansent en nous.

Elle a dit : « Tu vis le moment présent après-coup. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  26/04/2026 2 min

Je me demande comment réduire cet espace entre les temps. Comment les concentrer pour qu’ils ne soient plus qu’un. Un présent indépassable.

Elle a dit : « Pour te faire découvrir mon Amboise. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  19/04/2026 5 min

J’aimerais vous dire ma chance et vous demander où vous trouvez la vôtre. Dans des marches silencieuses, dans des collectifs bruyants, sur la piste de danse, dans votre cuisine, où ?