Il faut bien se tenir parce que la beauté bouscule parfois plus qu’on ne peut l’imaginer.
J’ai beaucoup écouté cette semaine. Des histoires, des récits ponctués par des « Je suis comme ça. », des questions, des peines, des grosses peines, et des confessions. Nous avons cheminé pour trouver d’autres combinaisons aux mots, qui soient plus douces à vivre. Les phrases se bousculent dans ma tête. Rien n’apparaît car tout est dans la relation, dans le lien tissé de conversation au présent, dans le secret - joli mot que je choisis de préférer à celui de confidentialité. Je me demande, depuis des années, où vont tous ces mots que j’entends. Je me demande à qui ils appartiennent. Je me demande à quoi ils servent quand ils ne sont pas cet enchaînement qui ne fait aucun doute : « Passe-moi le sel s’il-te-plaît ». Je ne dirais pas qu’on me les confie. Je dirais juste que des gens les disent et que je les écoute. J’essaie de faire en sorte qu’ils ne se perdent pas mais voilà, je trouve pompeux de dire qu’on me les confie.
Alors là, au final, là devant l’écran, ce sont les silences qui me reviennent. Je me souviens de plusieurs d’entre eux qui ont peuplé ma semaine. Silence après l’une de mes questions. Silence après l’une de mes questions. Silence après l’une de mes questions. Silence après l’une de mes questions. Silence après l’une de mes questions. Silence de réflexion, pas de peine je crois, ni de doute. Silence après l’une de mes questions. Silence plein, silence rond, silence dense, silence entier qui dit « Je cherche. » Et voilà, hier dans la nuit, les mots de Sigri Sandberg que je lis en ce moment chez Dalva, et qui cite la chanteuse norvégienne Kari Bremnes. Il faut bien se tenir parce que la beauté bouscule parfois plus qu’on ne peut l’imaginer. Et ensuite, après elle, peut-être : silence.
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