Je garde le souvenir d’une décision si intimement puissante, pas déraisonnable, pas insensée, mais vive, vivante, vibrante, au point que les « oui mais » des autres ricochaient sur nous, sans jamais nous faire chanceler.
Il y a quelqu’un que je n’ai pas rencontré. Elle est coach à Montréal. Un jour, dans un café où j’avais l’impression que la vie devenait soudainement très simple, qui se nomme « Le Café des habitudes », j’étais venue me poser quelques instants après une rencontre intense. Elle était là, en pleine conversation. Je ne pouvais pas ne pas entendre ce qu’elle disait. Mais ce n’était pas ma place, je ne faisais pas partie de cette conversation, et j’ai laissé ses mots filer, me traverser, puis je suis partie, rue Saint-Zotique. Je me souviens m’être perdue un peu dans les rues noires, mais sans jamais avoir peur. Que Montréal soit bénie pour cette sensation.
Par un jeu de réseau, de connexions, de liens, d’algorithmes divers, cette personne que je n’ai pas rencontrée s’est trouvée sur mon chemin, ou moi sur le sien. Il y a là un mystère délicieux qui tout en échappant à la moindre règle tangible, me semble pourtant détenir tout le sens véritable de l’existence.
Nous ne nous sommes pas rencontrées mais nous avons échangé un peu. Je lui ai écrit. Parce que j’écoute son podcast et que j’avais le sentiment qu’elle faisait un peu partie de ma vie déjà. Il y a quelques minutes, j’ai reçu sa dernière newsletter dans laquelle, entre autres, elle fait la distinction entre résolution et intention. Et j’ai senti comme depuis quelques jours, je pense à une phrase entendue dans un des épisodes de son podcast : « Je ne pense plus en terme de destination mais de direction. »
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