Kessel

Je me dis : « Nos refuges peuvent prendre mille et une formes. »

Je revis, pendant ces quelques semaines en camping-car, le bonheur simple des gestes limités, d’une cuisine où tout est accessible d’un geste, d’un mouvement que je ne trouve pas réduit mais resserré autour de notre présence et nos relations.

Retour au récit
2 min ⋅ 05/10/2025

Il fait chaque nuit et chaque matin de plus en plus froid dans le camping-car. Nous dormons enroulés serrés dans nos duvets. C’est délicieux. Le lever est plus délicat. Il faut extraire son corps de la chaleur. Impossible de faire l’économie de la sensation de froid sur sa peau. Ça ne dure pas si longtemps. Je fais chauffer du lait d’avoine. La pâte à tartiner forme un bloc compact dans son pot ; elle est notre thermomètre. Mon fils se fait cuire des oeufs. Je le vois ajouter un peu d’origan à son omelette et rien que cette image me fait ma journée. Il ne valide pas le « frigo Tetris » ; un frigo où ce que tu prends peut remettre en question l’équilibre de l’ensemble. C’est précaire, mais c’est suffisant. Tout est suffisant. Sur les banquettes, celui qui est côté fenêtre doit déranger celui qui est côté couloir s’il veut sortir. Parfois, il faut marcher en crabe, passer de profil. J’ai une tendresse infinie pour ces petits espaces qui me rappellent notre vie en mobil-home à une époque, celle en cabane à une autre. Nous n’avons pas uniquement éprouvé l’espace de vie en format réduit pendant des vacances au camping, nous l’avons vécue au quotidien. Elle a ses limites et ses inconforts, mais une grande maison aussi. Je n’ai pas fait le compte des avantages et inconvénients de chacun mais je savoure le plaisir pour moi, d’évoluer tous les quatre dans un petit espace et cela m’interroge sur la notion de confort. Je trouve plus confortable de ne pas avoir l’électricité tous les jours que d’avoir 130 m2 à nettoyer, balayer, astiquer trois fois par semaine. Je trouve mon confort dans les arbres autour de moi. Dans les oeufs jaunes de nos poules et dans le fait de pouvoir brûler quelques branches de sapin quand nous en avons besoin sans craindre d’importuner un voisin, dans celui de planter un clou dans le bois de mes murs sans avoir à négocier avec une cheville Molly qui déchiquette le placo.

...

Retour au récit

Par Aurélie Jeannin

Les récits que nous faisons de nous sont très puissants. Certains nous ligotent, nous limitent. D’autres nous portent de façon grandiose et libérée. Je m’appelle Aurélie Jeannin. J’accompagne par le récit, sous des formes diverses.

Les derniers articles publiés

Il a dit : « Tous les jours, j’envoie un message à mes enfants pour leur dire que je les aime et leur souhaiter une bonne journée. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  21/06/2026 3 min

Je me demande pourquoi on veut nous faire croire qu’il existe des solutions à tout, pour tout, rapides et sans efforts.

Elle a dit : « La vie, ce n’est pas une ligne tracée toute droite. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  14/06/2026 1 min

Je me demande si dans la ligne toute droite, il ne faut pas voir autre chose que ça : un mouvement qui s’élance. Une rampe.

Il a dit : « Tu ».

par Aurélie Jeannin   ⋅  07/06/2026 2 min

Je me suis demandé : suis-je raide ?

Il a dit : « Non merci. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  31/05/2026 1 min

Comment aide-t-on ? Est-ce nécessairement en donnant ?

Il a dit : « Généralement, les vrais artistes sont de mauvais commerciaux. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  24/05/2026 1 min

Je me demande sur quoi se fondent ces phrases que nous avons fait nôtres, auxquelles nous croyons dur comme fer. Je me demande si les questions peuvent rivaliser avec ces phrases.

Elle a dit : « C’est une logique de progression. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  17/05/2026 2 min

L’idée qu’il y aurait du positif en tout m’est parfaitement étrangère, comme une langue inconnue, au même titre qu’il pourrait y avoir soi-disant des émotions négatives et des émotions positives.

Elle a dit : « On en est toutes là. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  10/05/2026 3 min

Je me demande où nous en sommes, nous toutes ? Quand ma fille me dit qu’elle trouve ses cuisses trop grosses, je me demande où nous en sommes, nous toutes ? Quand je regarde des photos et que je me souviens à quel point je me sentais déjà trop grosse, trop ceci, trop cela, alors que c’était il y a 2, 5, 10 ou 15 kilos déjà.

Il a dit : « Il y a assurément un autre monde, mais il est dans celui-ci. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  03/05/2026 2 min

Je me demande combien de territoires nous abritons. Combien nous sommes, quelles formes nous avons. Je me demande comment nous faisons pour être et vivre ensemble, surface contre surface, alors que tant de densités dansent en nous.

Elle a dit : « Tu vis le moment présent après-coup. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  26/04/2026 2 min

Je me demande comment réduire cet espace entre les temps. Comment les concentrer pour qu’ils ne soient plus qu’un. Un présent indépassable.

Elle a dit : « Pour te faire découvrir mon Amboise. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  19/04/2026 5 min

J’aimerais vous dire ma chance et vous demander où vous trouvez la vôtre. Dans des marches silencieuses, dans des collectifs bruyants, sur la piste de danse, dans votre cuisine, où ?