Kessel

Il a dit : « Tu mangerais quoi toi, si tu pouvais, là maintenant tout de suite ? »

Nos identités sont des mouvances plurielles, difficiles à borner, impossibles à figer. Alors, parfois, dresser une petite liste ou établir un podium donne je trouve le sentiment de s’établir un peu.

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2 min ⋅ 19/10/2025

Nous passons globalement pas mal de temps en famille à jouer à « Tu préfères » et à dresser toutes sortes de classements et listes de préférence. « Tu préfères le lever ou le coucher du soleil ? », « Tu préfères lire ou écrire ? », « Tu préfères vomir ou avoir la diarrhée ? », « Tu préfères être sourd ou aveugle ou muet ? ». La règle étant de ne jamais citer de personnes dans l’équation. Et puis, il y a les listes et classements. Tes livres préférés, tes films préférés, tes séries préférées, les trois endroits où tu es allé et que tu as préféré, tes trois meilleurs souvenirs... Enfin, il y a les « Si tu devais ». « Si tu devais te choisir une seule tenue, laquelle serait-ce ? », « Si tu devais changer de métier, si tu devais relire éternellement le même livre,… » Et le classique, l’immense, l’incontournable, L'INDETRÔNABLE : « Si tu devais manger le même menu à chaque repas, de quoi serait-il constitué ? Entrée, plat, dessert, boisson. » 

Nous trouvons qu’au Canada, la nourriture n’est pas aussi bonne qu’en France. Il faut relativiser ; nos contraintes budgétaires font que nous n’achetons pas des produits de qualité (tout est beaucoup plus cher en supermarché) et notre nomadisme du moment fait aussi que nous n’avons pas cherché de bons producteurs locaux, privilégiant les grandes surfaces pour nous ravitailler. Dans ces conditions, en France aussi, il serait parfaitement possible de mal manger. Pour autant, pour nous quatre qui accordons une importance capitale à nos repas, qui aimons le goût, la diversité culinaire, qui trouvons dans nos assiettes un refuge et un réconfort que rien n’égal vraiment (quel aveu), le sujet alimentaire occupe nombre de nos discussions. « Tu mangerais quoi toi, si tu pouvais, là maintenant tout de suite ? » Et les cassoulets, et les boeufs bourguignon, les raclettes, tartiflettes, croziflettes, les saucissons, les pains, les choucroutes,… tout y passe. Nous salivons en marchant.

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Par Aurélie Jeannin

Les récits que nous faisons de nous sont très puissants. Certains nous ligotent, nous limitent. D’autres nous portent de façon grandiose et libérée. Je m’appelle Aurélie Jeannin. J’accompagne par le récit, sous des formes diverses.

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