Kessel

Il a dit : « Chacun ses forces. »

Sur les grandes routes bordées d’arbres aux feuilles rouges, oranges, jaunes, vertes, alors que nous tentons de nous repérer dans l’espace, de trouver le bon chemin sans GPS, je fais plus que jamais l’expérience de ces forces inégalement attribuées, en tous cas variablement.

Retour au récit
3 min ⋅ 28/09/2025

Ces derniers jours, je dois faire face à nombre de mes inaptitudes. Je ne parle pas de situations nouvelles, inconnues, qui font le lot des voyages, mais de ces inaptitudes ou incompétences que l’on trimballe et qui nous font parfois, nous sentir moins que rien. En écrivant ces mots, je réalise que plus que l’inaptitude, c’est l’incapacité à y faire face, à l’accepter comme telle, qui soulève mon questionnement.

Il y a quelques jours, elle était devant moi sur l’écran, à côté de son frère. Nous avions six heures de décalage sur l’horloge qui régit nos journées et je les écoutais me raconter comment ils étaient nés, où ils avaient grandi, les décisions qu’ils avaient prises jusqu’à la dernière : relier le sud de la France à la Colombie, en voilier, pour aller construire un dispensaire de soins. Peut-être aurais-je l’occasion de vous reparler de leur projet et du récit que l’on me demande d’en faire. Elle a 21 ans, il en a 19 et leur maturité est incroyable. Soudain, elle a dit : « L’éducation peut venir de plein de formes différentes. » et depuis que j’ai entendu cette phrase, qui résonne particulièrement pour moi, à l’heure où nous avons choisi une voie différente pour l’année scolaire de nos enfants, j'ai envie de parler de ça. De la façon dont on apprend ou pas, des questions que je me pose au sujet de l’éducation de nos enfants, de la densité de mes doutes, de la fragilité d’une conviction dès lors qu’elle ne suit pas un ordre clairement établi et une voie clairement tracée, de la façon dont je pourrais négocier ou pas avec mes inaptitudes. Mais je ne peux pas lutter parce qu’en réalité, et sans doute est-ce le même sujet, c’est une autre phrase qui me tisonne depuis la semaine dernière. Ce n’est pas une interview en visio cette fois-ci mais une rencontre en chair et en os, dans la forêt québécoise, au bord d’un lac dont la petite île au centre me rappelle la nôtre, sur notre étang là-bas, en France. C’est une phrase que j’aimerais vous proposer comme une question, à laquelle j’adorerais que vous pensiez quelques minutes, quelques temps. Elle me fait penser à cette théorie invitant à davantage travailler ses points forts que ses points faibles et dont je n’ai jamais vraiment su quoi penser.

...

Retour au récit

Par Aurélie Jeannin

Les récits que nous faisons de nous sont très puissants. Certains nous ligotent, nous limitent. D’autres nous portent de façon grandiose et libérée. Je m’appelle Aurélie Jeannin. J’accompagne par le récit, sous des formes diverses.

Les derniers articles publiés

Il a dit : « Tous les jours, j’envoie un message à mes enfants pour leur dire que je les aime et leur souhaiter une bonne journée. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  21/06/2026 3 min

Je me demande pourquoi on veut nous faire croire qu’il existe des solutions à tout, pour tout, rapides et sans efforts.

Elle a dit : « La vie, ce n’est pas une ligne tracée toute droite. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  14/06/2026 1 min

Je me demande si dans la ligne toute droite, il ne faut pas voir autre chose que ça : un mouvement qui s’élance. Une rampe.

Il a dit : « Tu ».

par Aurélie Jeannin   ⋅  07/06/2026 2 min

Je me suis demandé : suis-je raide ?

Il a dit : « Non merci. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  31/05/2026 1 min

Comment aide-t-on ? Est-ce nécessairement en donnant ?

Il a dit : « Généralement, les vrais artistes sont de mauvais commerciaux. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  24/05/2026 1 min

Je me demande sur quoi se fondent ces phrases que nous avons fait nôtres, auxquelles nous croyons dur comme fer. Je me demande si les questions peuvent rivaliser avec ces phrases.

Elle a dit : « C’est une logique de progression. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  17/05/2026 2 min

L’idée qu’il y aurait du positif en tout m’est parfaitement étrangère, comme une langue inconnue, au même titre qu’il pourrait y avoir soi-disant des émotions négatives et des émotions positives.

Elle a dit : « On en est toutes là. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  10/05/2026 3 min

Je me demande où nous en sommes, nous toutes ? Quand ma fille me dit qu’elle trouve ses cuisses trop grosses, je me demande où nous en sommes, nous toutes ? Quand je regarde des photos et que je me souviens à quel point je me sentais déjà trop grosse, trop ceci, trop cela, alors que c’était il y a 2, 5, 10 ou 15 kilos déjà.

Il a dit : « Il y a assurément un autre monde, mais il est dans celui-ci. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  03/05/2026 2 min

Je me demande combien de territoires nous abritons. Combien nous sommes, quelles formes nous avons. Je me demande comment nous faisons pour être et vivre ensemble, surface contre surface, alors que tant de densités dansent en nous.

Elle a dit : « Tu vis le moment présent après-coup. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  26/04/2026 2 min

Je me demande comment réduire cet espace entre les temps. Comment les concentrer pour qu’ils ne soient plus qu’un. Un présent indépassable.

Elle a dit : « Pour te faire découvrir mon Amboise. »

par Aurélie Jeannin   ⋅  19/04/2026 5 min

J’aimerais vous dire ma chance et vous demander où vous trouvez la vôtre. Dans des marches silencieuses, dans des collectifs bruyants, sur la piste de danse, dans votre cuisine, où ?